Traitement en cour, merci de patienter...
Traitement en cour, merci de patienter...
Saut de ligne
Image
RES MILITARIS - Revue européenne d'études militaires - European Journal of Military Studies
Image
Saut de ligne
Saut de ligne
Image
Saut de ligne
Search this journal
Recherche
Saut de ligne
Séparateur

Current issue
Numéro en cours

Image
Séparateur

Access previous issues
Archives

Image
Séparateur

RES MILITARIS

Image
Séparateur

E-mail alerts

If you wish to be notified of the next issue of Res Militaris as soon as it comes on line, please specify your e-mail address.
Image
Image
Saut de ligne

Alerte

Soyez informé dès la parution d'un nouveau numéro de Res Militaris.
Image
Image
Saut de ligne
Saut de ligne
Séparateur

RSS feeds - Flux de syndication

Image
Image
Séparateur

For potential contributors - Instructions aux contributeurs potentiels

Image
Séparateur
Image
Logo GSG
The Geneva School of Governance
Image
Saut de ligne

ISSN° 2265-6294

Saut de ligne
Saut de ligne
RES MILITARIS - Revue européenne d'études militaires
Saut de ligne
Image
Previous Volume - Numéro précédent
Image
Next Volume - Prochain numéro
Vol. 1, n° 2
Winter-Spring - Hiver-Printemps 2011
Saut de ligne
RES MILITARIS - European Journal of Military Studies
Saut de ligne
Image
Image
Image
Image
Return content - Retour au sommaire
Séparateur
À propos du Nomos de la Terre
Martin Motte
Séparateur
Saut de ligne
Saut de ligne
Séparateur

Abstract - Résumé

Saut de ligne
Saut de ligne
Image
Séparateur
Séparateur
Pour Carl Schmitt, tout droit n'a de sens que dans un espace donné : l'idée de droit universel est contradictoire. Faute d'une telle instance, seule la force peut trancher les antagonismes interétatiques les plus graves. Le problème fondamental du droit, dès lors, n'est pas d'éliminer la guerre, mais de la limiter. L'Europe classique y était parvenue en distinguant deux régimes juridiques différents, celui de son propre sol et celui du reste du monde. Le premier était le théâtre de guerres réglées, dans lesquelles les États en lutte se considéraient comme également légitimes et modéraient leur rivalité par un jus in bello très perfectionné. Le second était au contraire un espace de libre conquête et de libre confrontation servant d'exutoire au premier.
Cet ordre géo-juridique, ou nomos de la Terre, s'effondra entre 1890 et 1918. Le système qui lui succéda n'admettait plus de hiérarchie des espaces, mais entendait unifier le monde en une communauté d'États égaux en droits. Fortement idéaliste, il ne se fixait pas pour mission de limiter la guerre, mais de l'abolir. Telles furent les missions assignées à la SDN. La déception fut à la mesure des espérances. Sa prétention à interdire la guerre l'amena à criminaliser les récalcitrants, donc à légitimer l'emploi de tous les moyens pour les éliminer. Déjà présente durant la Première Guerre mondiale, cette tendance culmina pendant la Seconde. En somme, le rêve pacifiste avait débouché sur le cauchemar de la guerre totale.
Ces démonstrations sont pour le moins troublantes. À l'analyse toutefois, on y repère un parti-pris inavoué visant à rejeter la responsabilité des deux guerres mondiales sur tout le monde, sauf l'Allemagne. Le nomos de la Terre, livre d'un ancien nazi, est-il pour autant un livre nazi ? L'accusation nous semble aussi tendancieuse que le propos de Schmitt. On a plutôt affaire à une critique de la modernité - national-socialisme compris - relevant du catholicisme contre-révolutionnaire. Force est au reste de reconnaître que Le Nomos, un demi-siècle après sa parution, reste très actuel. La "guerre globale contre le terrorisme" lancée par George Bush Jr., comme le jihad auquel elle s'oppose, confirme en effet la nocivité des idéologies délocalisées, dont la prétention à unifier le monde est porteuse d'une violence absolue.


To Carl Schmitt's thinking, law only has meaning when it applies to a circumscribed geographical area: the notion of universal law is a contradiction in terms. For want of such a legal framework, force is the only method available to put an end to the most serious interstate antagonisms. The main legal concern is thus not to abolish, but to limit war. Westphalian Europe, in its heyday, had taken care of that problem by distinguishing between two different legal systems: one applying to its own soil, the other to the rest of the world. The former effectively regulated war by assuming that the States concerned were equally legitimate, and moderated their ardour through an elaborate jus in bello. The latter, on the contrary, was premised on free conquest and confrontation, and served to release tensions between the warring parties on their home turf.
Such a geographically differentiated legal framework, or Nomos of the Earth, collapsed between 1890 and 1918. The system which replaced it no longer deemed the notion of a hierarchical area differentiation appropriate, but sought to unify the world on the basis of a community of States that were now equal in status. Its strong idealist inclinations led it to see its goal as the abolition, rather than the limitation, of war. Such was the mission assigned to the League of Nations. The disappointment was commensurate with its great initial expectations. Not only did the abstract egalitarian inspiration of the new international law and its lack of interest in regional differences prevent it from providing the world with a viable structure, but its pretensions regarding the abolition of war spurred it to criminalize recalcitrant governments, hence to justify their elimination by all available means. Already present during WW I, that outlook culminated at the end of WW II. In sum, the pacifist dream had turned into the nightmare of total war.
Such troubling reasoning raises eyebrows. Analysis, however, soon identifies an undeclared bias: it seeks to lay the blame for two world wars on everybody - but Germany. The Nomos of the Earth was written by a former Nazi, but is it for all that a Nazi book? Such a charge seems as tendentious as Schmitt's argument itself. Rather, the latter amounts to a critique of modernity - including Nazism - from the standpoint of counter-revolutionary Catholicism. It must be acknowledged that, half a century after its publication, Nomos remains astonishingly topical. The "Global War on Terror" initiated by George Bush, Jr., no less than the Jihad it was meant to frustrate, confirms the harmfulness of non-localized ideologies whose aspirations for a unified world foster absolute violence.


Mots-clés
Carl Schmitt ; Nomos de la Terre; droit international; limitation de la guerre ; guerre totale ; nazisme ; relations internationales; idéalisme.

Keywords
Carl Schmitt; Nomos de la Terre; international law; war limitation; total war; nazism; international relations; idealism.

Citation
Motte, Martin, “À propos du Nomos de la Terre”, Res Militaris, an on-line social science journal, vol. 1, n°2, Winter-Spring - Hiver-Printemps 2011.
Séparateur
Saut de ligne
Séparateur

Author(s) - Auteur(s)

Saut de ligne
Top - Haut
Séparateur
Séparateur
Martin Motte est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Paris-IV Sorbonne, en détachement aux Écoles militaires de Saint-Cyr-Coëtquidan. Il est également professeur au Centre d’études supérieures de la Marine.
Martin Motte, associate professor of contemporary history at the University of Paris-IV Sorbonne, is seconded to Saint-Cyr. He also teaches at CESM, the French Navy’s Advanced Study Institute.
Séparateur
Image
RES MILITARIS
Saut de ligne