Présentation de la revue

Res Militaris est une revue électronique bilingue (anglais, français) de sciences sociales tournée vers l’étude des questions militaires et de sécurité. Sa vocation est triple : fournir un canal d’expression indépendante et un forum à des recherches scientifiques européennes dont le volume dans le champ militaire va croissant ; favoriser les échanges et débats internationaux, notamment transatlantiques ; tenter d’assurer un certain équilibre culturel et linguistique à un champ thématique jusque-là dominé par des publications anglophones.

Son comité de lecture est composé de quelque cinquante spécialistes internationaux, en majorité européens, du champ militaire. Un groupe de personnalités prestigieuses – universitaires, officiers, journalistes – forme son comité de patronage.
 
La revue paraissait à l’origine (2010-2013) trois fois l’an, à l’automne, entre hiver et printemps, et à la fin de l’été. Depuis 2014, sa périodicité est de deux numéros par an : hiver-printemps et été-automne.
 
Pluridisciplinaire, elle emprunte sa matière éditoriale à des travaux de sociologie, de science politique, d’anthropologie, d’histoire et de géographie, de psychologie, d’économie, de droit et de management. Elle adopte une définition large du terme « militaire », pour englober tous les aspects touchant à la nature, aux rôles, à l’organisation et à l’usage réel ou potentiel de la force armée, ainsi qu’à ses conséquences internes et externes. Elle s’intéresse à la guerre et la stratégie, mais encore à la sécurité intérieure, à la paix et à la résolution des conflits. Elle n’exclut aucune approche du domaine, qu’elle soit empirique, analytique, comparative ou théorique. Ainsi qu’il sied à une revue à vocation scientifique, elle se veut résolument pluraliste au plan des valeurs.
 
Res Militaris entend couvrir les deux aspects, fonctionnel et sociopolitique, de l’action et des institutions militaires, et les quatre niveaux d’analyse qu’on peut y distinguer : international (contexte, rôle, maniement et conséquences du recours à la force armée, internationalisation de la sécurité), national (interface politico-militaire, armées et société), méso- (organisation, profession) et micro-analytique (individus et groupes restreints).

Les thèmes abordés incluent par exemple :
  1. le rôle et l’emploi de la force armée comme constitutive de l’ordre ou du désordre international ; l’évolution des conflits armés, les tendances et doctrines stratégiques ; les alliances et la sécurité collective ; les identités de défense supranationales ; les « causes de guerre », la dissuasion ; les opérations en faveur de la paix et la résolution des conflits ; la maîtrise des armements ; le « désarmement structurel » et autres paradoxes ; l’impact de la guerre et de l’action militaire ; la légitimité morale et sociopolitique de la force armée ; la réforme des secteurs liés à la sécurité dans les pays ex-communistes ; le rôle des armées dans le retour à la paix et la reconstruction ; la privatisation des forces de sécurité ;
  2. les politiques militaires, les doctrines et modes d’organisation de la défense et de la sécurité intérieure ; la définition des missions, les questions budgétaires, les niveaux d’effectifs ; les modes de recrutement, la gestion des ressources humaines ; les cultures organisationnelles et stratégiques ; les rivalités interarmées ; l’économie de la défense, les industries d’armement ; les aspects politiques, culturels et sociaux des rapports armée-état-société au niveau local, national et international ; la coopération, l’interopérabilité culturelle et l’intégration des forces multinationales ;
  3. la structure et le volume des forces, la division du travail militaire ; le professionnalisme ; l’exercice de l’autorité ; la régulation sociale, l’impact de la technologie, l’information et la communication ; la formation des officiers ; l’entraînement et l’aptitude opérationnelle des forces ; la mobilité sociale et la reconversion du personnel militaire ; les sources de dysfonctionnement institutionnel ; la composition, la représentativité sociale, l’idéologie et l’image de soi collective du personnel ; l’impact des tendances sociétales ; le mode de représentation des intérêts matériels et moraux des personnels en uniforme ;
  4. les viviers de recrutement, la socialisation, les modes d’adaptation à la vie militaire ; l’impact des règles de gestion du personnel ; la motivation et le moral, les facteurs de cohésion et d’efficacité opérationnelle, les styles de commandement ; la conciliation de la vie professionnelle et familiale ; l’impact du service sous les armes.
Outre des articles, Res Militaris publie des critiques de livres, une rubrique régulière consacrée aux œuvres classiques du champ militaire en sciences sociales. La revue s’efforce de respecter une parité approximative entre les deux langues. Elle entend stimuler l’échange intellectuel en fournissant des résumés d’articles dans les deux langues utilisées, et (quand c’est possible) en publiant ses recensions critiques d’ouvrages ou ses présentations d’œuvres classiques en français lorsque l’original est en anglais, et inversement.

Le lectorat ciblé par la revue se compose d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants de master et doctorat, de professionnels (officiers, hauts fonctionnaires, journalistes) et de praticiens œuvrant dans les ministères, les partis politiques, les associations et les organisations internationales. De manière plus générale, elle entend répondre aux besoins du public informé qu’intéressent les questions de défense et de sécurité contemporaines et la contribution des sciences sociales à leur étude.